Samedi 21 février 2009
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Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. La Tour de la Villette est donc
reine. Autour de ce gratte-ciel de 125 mètres, pas grand-chose. Presque rien. Nada. Broutilles. Peanuts. A quelques encablures des Abattoirs (future Cité des Sciences et de l'Industrie), au bord du
périph', la tendance architecturale « rase-mottes » de ce quartier à cheval entre le XIXe arrondissement de Paris et Aubervilliers, permet de mettre en valeur l'édifice. Petit flash-back : retour
vers les années 70. Bâtisseurs et décideurs surfent sur la vogue de l'uniformisation des concepts. A l'instar de l'hôtel Concorde Lafayette, la Tour Pleyel, ou les Mercuriales, cet immeuble
d'affaires, érigé en 1974, fait partie de ces bâtiments implantés autour et aux portes de la capitale. Aussi, ces constructions présentent toutes un gabarit assez similaire (entre 120 et 140 mètres
de haut). Mais la spécificité de la Villette se trouve encore autre part. Et cet ailleurs s'appelle couleur.
Lorsque celle qu'on appelle d'abord Tour Daewoo (en raison de l'enseigne publicitaire qui ceint son toit) pose ses piliers sur le sol parisien, la dame de béton se démarque par sa robe rougeâtre, alliage d'une quantité impressionnante de carrés de marbre. Héritage culturel : le toit vert en pagode témoigne de la touche asiatique indéniable laissée par la compagnie coréenne, première résidente de l'immeuble. Les plaques d'aluminium au centre du de la façade, réfléchissant la lumière solaire, viennent apporter une touche de modernité. Mélange particulier entre Orient et Occident, l'habillage chromatique et la rigueur des lignes renvoient aux gratte-ciel construits aux Etats-Unis durant les années 30. Rien à voir en tout cas avec la tambouille blanc, beige et autres couleurs rincées-délavées-javellisées de la métropole parisienne. Successivement Daewoo, Olympe, Pariphérique, La Villette : la Tour, à défaut d'un patronyme précisément défini, possède une identité esthétique et un cachet certains.
Une assurance qui laisse néanmoins poindre quelques interrogations. A partir du constat suivant : Côté pile : le vide met en valeur l'existant. Côté face : l'existant rend ce vide béant. Le clinquant du bâtiment contraste lui, d'autant plus avec l'aspect négligé des environs. Et la profusion d'axes routiers à proximité, l'absence d'espace vert sont loin d'être des alliés à l'attractivité du lieu.
La Villette ou l'arbre qui cache la forêt ? En l'observant depuis la Seine Saint-Denis, le gratte-ciel est en fait la longue tête d'un serpent composé de plusieurs barres HLM formatées. Au point d'en partager des murs en commun. Si on considère les projets architecturaux comme des instruments de développement des environs, on peut se demander les intentions premières de la présence de la Tour. Complexe d'affaires ? Rénovation de quartier ? Pas facile de répondre tant l'écrasante domination de l'édifice laisse poindre ce qui n'a pas été fait. Construite il y a de cela trente-quatre ans, la tour la Villette mobilise ces quelques questions d'urbanisme un peu trop souvent négligées.
Lorsque celle qu'on appelle d'abord Tour Daewoo (en raison de l'enseigne publicitaire qui ceint son toit) pose ses piliers sur le sol parisien, la dame de béton se démarque par sa robe rougeâtre, alliage d'une quantité impressionnante de carrés de marbre. Héritage culturel : le toit vert en pagode témoigne de la touche asiatique indéniable laissée par la compagnie coréenne, première résidente de l'immeuble. Les plaques d'aluminium au centre du de la façade, réfléchissant la lumière solaire, viennent apporter une touche de modernité. Mélange particulier entre Orient et Occident, l'habillage chromatique et la rigueur des lignes renvoient aux gratte-ciel construits aux Etats-Unis durant les années 30. Rien à voir en tout cas avec la tambouille blanc, beige et autres couleurs rincées-délavées-javellisées de la métropole parisienne. Successivement Daewoo, Olympe, Pariphérique, La Villette : la Tour, à défaut d'un patronyme précisément défini, possède une identité esthétique et un cachet certains.
Une assurance qui laisse néanmoins poindre quelques interrogations. A partir du constat suivant : Côté pile : le vide met en valeur l'existant. Côté face : l'existant rend ce vide béant. Le clinquant du bâtiment contraste lui, d'autant plus avec l'aspect négligé des environs. Et la profusion d'axes routiers à proximité, l'absence d'espace vert sont loin d'être des alliés à l'attractivité du lieu.
La Villette ou l'arbre qui cache la forêt ? En l'observant depuis la Seine Saint-Denis, le gratte-ciel est en fait la longue tête d'un serpent composé de plusieurs barres HLM formatées. Au point d'en partager des murs en commun. Si on considère les projets architecturaux comme des instruments de développement des environs, on peut se demander les intentions premières de la présence de la Tour. Complexe d'affaires ? Rénovation de quartier ? Pas facile de répondre tant l'écrasante domination de l'édifice laisse poindre ce qui n'a pas été fait. Construite il y a de cela trente-quatre ans, la tour la Villette mobilise ces quelques questions d'urbanisme un peu trop souvent négligées.